Les soins

Le soin apporté à l’enfant est un moyen essentiel de lui manifester le respect à sa personne, ce qui lui permettra de prendre confiance en lui-même et de développer également une relation de confiance à l’autre qui ne repose pas sur la force. C’est au cours des soins que la vulnérabilité et la dépendance de l’enfant à l’adulte ressortent le plus. C’est précisément pour cette raison qu’une attention particulière est accordée aux enfants aux moments du coucher, du repas et du change. Les moments de soin sont des temps calmes qui doivent permettre à l’enfant de se ressourcer.

Le sommeil

Le sommeil ayant un rôle réparateur et régulateur de l’organisme, il s’agit d’un temps calme nécessaire pour que l’enfant récupère de la fatigue, du stress ou d’un chagrin et qu’il soit à nouveau prêt à partir en exploration.

Le moment du coucher peut réveiller des angoisses : les professionnelles font tous leurs efforts pour sécuriser l’enfant et l’aider à trouver le sommeil.

  • respect des habitudes d’endormissement de chaque enfant (doudou, turbulette, sucette…)
  • ambiance calme : lumière tamisée, niveau sonore faible
  • présence sécurisante : bercement, massage, histoires, comptines….

Les bébés sont mis au lit lorsqu’ils paraissent fatigués, les professionnelles sont attentives aux premiers signes. Petit à petit, un rythme s’installe et les siestes deviennent régulières.

Si un bébé s’endort dans la pièce d’éveil, il y est laissé pendant la durée de son sommeil. Nous respectons l’horloge biologique de chaque enfant, c’est à dire que, dans la mesure du possible, nous ne réveillons jamais un enfant, même si c’est l’heure officielle du biberon.

A partir de 18 mois, les enfants sont en général couchés après le repas de midi, avec toutefois une certaine flexibilité selon l’état de fatigue de l’enfant.Le lever se fait dans le respect de l’horloge biologique. Dans ce but, des lits bas sont prévus pour que l’enfant puisse se lever seul et rejoindre la salle d’éveil lorsqu’il n’a plus sommeil.

Le repas

C’est au cours des premières années que se font la plupart des connections neuronales et tous les grands apprentissages. Nous veillons à ce que l’enfant reçoive une alimentation adaptée à ses besoins, aussi équilibrée et saine que possible.

L’alimentation est adaptée au stade de développement de la motricité bucco-linguale de l’enfant et à ses goûts, dans le respect du PNNS (Plan National Nutrition Santé), du GEMRCN (Groupe d’Etudes des Marchés de Restauration Collective et de Nutrition) et des normes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point = Analyse des dangers et maîtrise des points critiques).

Nous souhaitons permettre aux mamans de poursuivre l’allaitement maternel si tel est leur désir, dans la mesure où l’OMS le présente comme étant l’alimentation qui convient le mieux au bébé.

Les mamans qui le désirent peuvent allaiter à la crèche, un espace allaitement étant prévu à cet effet. Elles peuvent également apporter du lait maternel pour la journée à condition que les règles de recueil, conservation et étiquetage aient été dûment respectées.

Les repas sont composés d’aliments issus principalement de l’agriculture biologiques et locale. En règle générale, les repas sont dépourvus de sel. L’huile végétale est introduite à partir de 1 an.

De l’eau est proposé régulièrement tout au long de la journée. Les biberons de lait maternisé sont préparés d’avance le matin pour la journée et conservés au réfrigérateur. Ils sont réchauffés à l’aide de chauffe-biberons. Les repas solides sont réchauffés au four.

Les habitudes alimentaires, allergies ou contre-indication de chaque enfant sont affichées à proximité du lieu de repas pour rappel à l’attention des professionnelles.

Les professionnelles effectuent un suivi alimentaire de chaque enfant à chaque repas, qu’elles reportent sur la feuille hebdomadaire de l’enfant.

De 2 à 4 mois : des biberons de lait infantile (fourni par les parents) sont donnés aux nourrissons
non allaités : ce lait couvre tous leurs besoins nutritionnels.
De 4 à 18 mois : la diversification peut intervenir à partir de 4 mois, elle est toujours initiée par les parents. Certains enfants sont moins curieux que d’autres, les éducatrices s’adaptent et respectent le rythme de chacun.

Un repas solide est servi dans la journée, comprenant un laitage ou complété par un lait 2ème âge. – Introduction à 4 mois révolus de légumes (un seul à la fois).

  • 15 jours plus tard, introduction de fruits ( un seul à la fois).
  • Introduction à 9 mois de viande.
  • Les aliments sont servis sous forme de purée lisse puis hachée puis en morceaux selon le rythme et l’envie de l’enfant.

De 18 à 36 mois : des repas de fruits, légumes, viandes et poissons écrasés ou sous leur forme première sont servis aux enfants. Le repas est complété par un laitage ou lait de croissance selon leurs habitudes.

Le schéma de diversification alimentaire proposé peut être différent de celui de la maison ; un échange avec les parents permettra une cohérence dans la prise en charge de l’enfant.

Au Nido, la professionnelle s’installe dans un fauteuil pour donner le biberon à l’enfant confortablement installé dans ses bras. Elle lui accorde toute l’attention dont il a besoin. C’est dans ce même fauteuil que la maman peut nourrir son enfant.

A partir du moment où l’enfant est assez solide pour tenir assis sans effort, il peut utiliser les meubles de diversification : un siège et une table de très petite taille, tous deux lestés et pensés pour une sécurité optimale. L’enfant mange face à la professionnelle, c’est un moment d’échange et de connivence.

En Communauté enfantine, les enfants mangent à une petite table ronde favorisant l’échange. Des petites chaises aux assises basses permettent aux enfants d’avoir de bons appuis, leurs pieds touchant le sol. Ils peuvent s’asseoir et se lever seuls.

Il n’y a pas d’âge pour utiliser la cuillère. Nous proposons à l’enfant de s’en servir lorsqu’il en manifeste l’envie, nous l’encourageons dans ses tentatives. Cependant, nous lui laissons la liberté d’utiliser ses doigts lorsqu’il en manifeste l’envie (période sensible du raffinement des sens oblige).

En Communauté Enfantine, la journée est rythmée par les repas, temps de calme et de plaisir.
Le repas est occasion de découverte de nouvelles saveurs et d’exploration sensorielle. Afin de permettre à l’enfant de bien distinguer le goût, la couleur et les textures différentes, les différents aliments sont servis séparés.

  • Le repas est également occasion d’éveil social :
    C’est un moment d’échange et de partage enfants-adultes et entre les enfants entre eux.
  • C’est l’occasion de découvrir et d’expérimenter les règles de vie de la collectivité autour du repas : rester assis à table avec les autres enfants, manger calmement, formuler poliment une demande, remercier, attendre son tour, manger proprement, etc.
    Les enfants ont la possibilité de participer à la préparation du repas – Faire le pain le matin.
  • Préparer une entrée, un dessert.
    Le repas est pour chaque enfant une occasion de s’inscrire dans un groupe social et de développer l’autonomie. Il se déroule comme suit :
  • Désinfection de la table et des chaises par une professionnelle.
  • Dressage du couvert ( un enfant par repas, ou deux s’ils maîtrisent déjà bien l’exercice).
  • Une professionnelle encadrante appelle les enfants en faisant jouer une boîte à musique depuis la salle de change. Chaque enfant finit son activité et gagne la salle de change.
  • Changes ou passages aux toilettes échelonnés.
  • Chaque enfant se lave les mains.
  • Rassemblement des enfants pour un temps court de préparation au repas : présentation du menu.
  • Chaque enfant enfile sa serviette seul.
  • Repas : Chaque enfant se sert lui-même en nourriture et en boisson, sauf en cas de soupe, qui peut faire l’objet d’un service par un enfant. Au fil du repas, les enfants vident les restes de leur assiette dans la poubelle de table.
  • A l’issue du repas, chaque enfant se débarbouille les mains et la bouche à l’aide d’un gant de toilette adapté à la taille de sa main.
  • Chaque enfant dépose sa serviette de table et le gant de toilette dans la corbeille prévue à cet effet. – Répartition des tâches pour les enfants qui le souhaitent : sur une desserte, empiler les assiettes sales, empiler les verres, rassembler les carafes, rassembler les couverts, rassembler les poubelles de table.
  • Préparation à la sieste (brossage de dents, change ou passage aux toilettes, chaque enfant adopte un vêtement confortable).

Le repas doit rester un moment de détente pour les enfants et pour les professionnelles.

  • Nous faisons confiance à l’enfant et effectuons un bilan nutritionnel à la fin de la semaine.
  • Nous ne forçons pas un enfant à manger d’un aliment qu’il n’aime pas mais nous l’invitons à y goûter régulièrement. Une étude scientifique a montré qu’il fallait parfois présenter jusqu’à huit fois un nouveau plat (sur plusieurs jours voir plusieurs semaines) avant que l’enfant ne commence à l’apprécier.
  • L’estomac d’un enfant est très limité, les quantités servies par l’adulte tendent à être disproportionnées et peuvent décourager d’avance l’enfant. C’est pourquoi nous invitons l’enfant à se servir seul : celui-ci se sert en général des quantités réduites, plus adaptées à sa morphologie.

 

Pour les anniversaires, deux scénarios sont possibles :

  • Les enfants de la crèche aidés d’une professionnelle préparent un gâteau et les parents apportent un jus de fruit (date de péremption, composition, date et lieu d’achat pour remplissage d’une fiche de traçabilité)
  • Les parents ont la possibilité de ramener un gâteau du commerce emballé ainsi que des jus de fruits (date de péremption, composition, date et lieu d’achat pour remplissage d’une fiche de traçabilité).
Le change

Dans la mesure du possible, parce que nous cherchons à offrir à l’enfant une cohérence entre ce que l’enfant vit à la maison et ce qu’il vit à la crèche, nous acceptons les couches lavables. Outre leur caractère écologique, elles présentent également une excellente tolérance pour la peau des bébés.
Le change au Nido :

L’enfant est changé dans la salle de change, sur un tapis à langer protégé par une serviette, dans des conditions qui respectent sa pudeur. Il est sous surveillance constante de l’adulte qui ne s’éloigne pas de l’enfant pendant toute la durée du change. Le moment du change est un moment d’intimité entre la professionnelle et l’enfant, un moment privilégié et d’échange qui leur permet de faire davantage connaissance et de resserrer les liens. La professionnelle se montre douce et à l’écoute : c’est souvent au cours de ce tête à tête que l’enfant se sent enclin à s’exprimer.

La professionnelle peut expliquer certains de ses gestes (maintenant, je vais te mettre une couche propre, je t’enlève ton pantalon, je te nettoie…), ce qui permet à l’enfant de prendre conscience de son corps. La professionnelle encourage chaque enfant à prendre une part active au change. Elle peut également encourager le bébé à agir « tu pousses ton pied ? » « enfile ta main dans la manche, s’il te plaît! ». Elle se sert toujours des gestes involontaires du bébé pour arriver à ses fins et le félicite. Elle choisit de respecter le silence si l’enfant semble goûter au calme qui règne dans la pièce.
Les enfants sont changés régulièrement par mesure de confort et d’hygiène : soit avant, soit après chaque repas, entre les repas si besoin, avant ou après chaque sieste.
Le change se déroule de la façon suivante :

  • Lavage des mains.
  • Nettoyage du siège à l’aide d’un gant et à l’eau. Le nettoyage se fait du plus propre au plus sale.
  • Utilisation de liniment en cas de selle.
  • Utilisation d’un gant à usage unique si présence de selles ou pour mettre de la crème.
  • Séchage à l’aide d’une serviette de toilette individuelle.
  • En cas de selles, diarrhée ou mycose : désinfection de la paillasse.
  • Lavage des mains.

Change et acquisition de la propreté en Communauté enfantine

L’enfant plus grand est invité à se tenir debout pendant le change à partir du moment où il maîtrise la marche et qu’il engage des actes d’autonomie tels que le déshabillage. Il s’agit d’une position qui lui plaît car elle lui permet de se sentir plus acteur.

Le pot et les toilettes sont en accès libre. Le pot reste en permanence dans la salle de change. Il est désinfecté après chaque usage.

Les culottes et couches culottes sont privilégiées afin de favoriser l’autonomie.

L’acquisition de la propreté se fait au rythme de chaque enfant. De manière générale, elle peut commencer à être envisagée à partir de 18 mois. L’enfant doit être prêt au niveau cérébral et nerveux (maîtrise des sphincters) mais également sur le plan psychologique : il ne doit pas avoir d’angoisse de morcellement. L’acquisition de la propreté résulte d’un acte de volonté de l’enfant et nécessite une participation active de l’enfant, elle répond à un besoin d’autonomie (désir de faire tout seul) et engendre un sentiment de fierté nécessaire à la construction de sa personnalité.

Les professionnelles assistent l’enfant dans sa préparation physique et psychologique à la propreté : préparation psychologique (présentation du pot, des toilettes ; lecture de livres qui abordent le sujet, favoriser la prise de confiance en soi…) et préparation physique (environnement qui favorise la motricité et le travail de la main lié au développement du cerveau).

Les couches lavables permettent à l’enfant de mieux prendre conscience de ce qu’il ressent, ce qui favorise l’acquisition de la propreté.

L’acquisition de la propreté s’opère de façon naturelle et progressive :

  • Les sensations de l’enfant évoluent :
    * j’ai fait pipi ou caca (je prends conscience de ce que j’ai fait. * j’ai envie de faire (je sens et je nomme ce que je vais faire) * je vais faire (j’anticipe)
  • Acquisition de la propreté au fil du temps : * contrôle des sphincters.
    * propreté diurne puis nocturne.

La mise en place de la propreté se fait en concertation avec les parents, lorsque l’enfant donne des signes objectifs qu’il est prêt. Elle est initiée par les parents à la maison et suivie en crèche.
L’enfant n’est pas pressé par les professionnelles, il prend le temps qui lui est nécessaire. Les accidents sont courants et ne doivent pas inquiéter.
Ce que nous ne faisons pas :

  • Punir-récompenser.
  • Mettre en situation d’échec (retirer sa couche à l’enfant trop tôt).
  • Mettre systématiquement l’enfant sur le pot le matin ou après chaque repas.

Voici les conséquences que peut entraîner une mise au pot lorsque l’enfant n’est pas prêt : – Énurésie.

  • Refus du pot, peur.
  • Constipation.
  • Perte de confiance en soi.

La couche de jour est retirée à l’enfant lorsqu’elle reste sèche hors sommeil et que l’enfant va régulièrement au pot ou aux toilettes, toujours en concertation avec les parents.
Même après acquisition partielle ou totale de la propreté, des événements importants tels qu’une grossesse ou une naissance, un déménagement ou une séparation peuvent engendrer une « régression ». L’enfant retrouvera son niveau d’autonomie dès qu’il aura retrouvé un sentiment de sécurité suffisant.

Au cours d’un passage aux toilettes ou au pot, la professionnelle explique à l’enfant le sens et l’importance des gestes d’hygiène. Elle invite l’enfant à se rendre acteur de cet acte de la vie quotidienne : s’asseoir seul, préparer le papier hygiénique, éventuellement s’essuyer s’il semble prêt, se rhabiller, tirer la chasse, se laver les mains.

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